Le mouvement contre la loi travail entame son deuxième mois. Ou en sommes nous? Est-ce le début d’une lutte prolongée? Et la question de la grève? Et les blocages économiques? Certains se retrouvent le soir sur les places publiques. D’autres font monter la pression dans la rue. Alors, ou va t’on? Et comment avoir prise sur cette lutte? Poser ce fameux rapport de force dont on parle beaucoup mais qui pour l’instant semble nous échapper?

Un mois après le 9 mars et la première grande manifestation contre la loi travail, nous étions à nouveau dans la rue. Un samedi. C’est qu’un cadavre est planqué dans les tiroirs de cette lutte : celui de la grève. Non pas la Grève Générale Reconductible, avec des majuscules, celle qu’on appelle toujours et qui ne vient pas, mais déjà, tout simplement, la grève. A la base, qui pourrait bien sûr, et c’est ce qu’on souhaite, se généraliser, mais qui commencerait par exister, boite après boite, secteur après secteur. Qu’est-ce qui coince ?

Tout n’est pas de la faute des syndicats.
C’est un premier point acquis. Croire que sans la CGT, par exemple, on serait depuis longtemps en grève reconductible, c’est à la fois méconnaitre complètement ce qui s’y passe, mais aussi donner à ce syndicat un poids bien plus important qu’il n’en a de nos jours. En revanche il est sûr que la stratégie des directions syndicales nous amène vers la défaite. C’est bien sûr le cas pour la direction de la CFDT, qui à déjà signé. Mais c’est aussi le cas de celle de la CGT, qui n’a ni la capacité, ni l’envie de lancer un mouvement de grève d’ampleur. Alors, on pousse devant les jeunes. On répète partout que c’est un nouveau CPE. Pourtant, nous en sommes loin. Car la situation a changé dans les facs et les lycées. Que le nombre de précaires a augmenté, que les mobilisations se font beaucoup par procuration. Alors ?

Alors, pour certains, il y a la nuit debout.
Et cela marche, du moins un peu : mais dans quelle perspective ? Déjà, à la gauche du PS, c’est la foire : chacun veut sa part du gâteau de la recomposition de la gauche. Tout le monde se voit en futur Podemos. En faisant mine de croire qu’ici ce serait différent, que ce Podemos à la française ne suivrait pas la même voie que ses prédécesseurs Grecs et Espagnols. A savoir une longue route de reniement qui mène au pouvoir, certe, mais le pouvoir de gérer le capitalisme comme les autres, à la limite en portant un jean lors des rencontres entre chefs d’états, ou en omettant de porter une cravate. C’est que le capitalisme est en crise. Il n’y a même pas de miettes pour tout le monde, et rien à espérer d’une autre gestion.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une aspiration.
Une aspiration à faire glisser cette mobilisation, la voir prendre de l’ampleur, par tous les moyens. De la même manière, chez les lycéens par exemple, on constate un profond refus de cet avenir de précarité et de misère qu’on nous propose à tous et toutes.
Ce refus se traduit parfois par des actions violentes, et c’est logique.
Comment ne pas comprendre et même se réjouir que s’exprime un peu de colère, lorsqu’autant d’attaques nous sont faites? De nombreux discours visent à diviser les manifestants. N’oublions pas que les provocateurs de toute violence, ce sont les capitalistes. Que la première violence, c’est celle de l’exploitation. Que cette société toute entière est batie sur cette violence. Que le maintien de cet ordre social signifie toujours plus d’attaques.

Connaissons notre force.
Mais contre cet ordre social capitaliste, un peu de violence urbaine reste presque dérisoire. Notre arme reste la grève, le blocage, le sabotage (grève du zèle ou méthodes plus énervées) bref, toucher l’économie. Nous rappeller aussi notre propre force, car sans les exploités, rien ne tourne dans cette société. Que les millions de chômeurs et chômeuses, en mouvement, peuvent aussi faire de sacré dégâts. Entraidons nous. Si nous ne sommes pas assez pour faire grève et bloquer une boite, demandons du renfort à des camarades, si l’argent manque, organisons des caisses de grèves, des cantines gratuites. Connaissons notre force. Organisons des journées de blocage, de grève et d’actions, pas simplement des nuits sur des places publiques. Si on nous propose des nuits debouts c’est que bien souvent la journée nous sommes à genoux.
Levons nous.

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